Lorsque l'on évoque le MIN de Toulouse ou marché-gare cela provoque en général 2 types de réactions: 

- soit le concept est inconnu

- soit l'image que l'on s'en fait est très négative 

Voici quelques éléments d'information collectés de ci, de là et qui reflètent assez bien la réalité que nous observons à Mon Panier de Campagne en tant que locataire sur le site du MIN. 

L'Histoire

Mon grand-père me raconte encore la larme à l’œil comment il aidait dans son enfance sa mère à ramener les chou fleur en charrette depuis Aucamville jusque la place Arnaud Bernard pour aller vendre leur petite production aux commerçants et restaurateurs toulousains. 

En effet, jusqu'en 1964, le MIN était sur la place Arnaud-Bernard, sous une halle en fer et une immense horloge qui rythmait le temps. A La Vache, le lieu actuel d'implantatoin du MIN, c'était la campagne avec des vignobles. Le marché a déménagé en grande partie pour la voie ferrée et la gare de triage de Saint-Jory, bien pratiques.

L'organisation d'une plate forme de producteurs a été maintenue malgré le déménagement au Nord de Toulouse et prénommée le "carreau" en raison de l'emplacement dessiné au sol et sur lequel le producteur pose ses cagettes à la vente. À l'époque, 1200 producteurs venaient sur le fameux «carreau». Ils ne sont plus que 350. Une chute brutale liée à l'âge avancé de la profession et à la difficile relève des jeunes. Ce carreau permet aux producteurs locaux d'écouler leur production 3 matins par semaine à des prix assez élevés car ils vendent en direct au revendeur ou au restaurateur. Ils installent leur marchandise à 4h30 du matin sous la halle pus vendent de 6h à 7h30 avant de regagner leurs exploitations pour commencer leur autre journée... 

Il y a 50 ans 1 200 producteurs venaient sur le fameux "carreau", un espace qui leur est dédié. Aujourd'hui, ils ne sont plus que 350 mais le Min de Toulouse reste l'un des marchés de gros où l'on retrouve le plus de producteurs. Cette dégradation du nombre de producteur reflète le problème démographique important auquel doit faire face aujourd'hui la France: les nouvelles générations ne sont plus intéressées par l'agriculture.

En face de la halle du carreau, il y a la halle des grossistes. Tels les dockers d'un port, ils réceptionnent les marchandises dès 2h30 du matin. À 5h, le marché ouvre ses portes, à 6 heures l'essentiel est vendu. Le marché accueille près de 4 000 acheteurs quotidien: vos primeurs, marchés de plein vent, restaurateurs mais aussi la restauration collective.

La mission du MIN et ses idées pour un développement durable 

Les Min assurent aussi une mission de service public. "Ils contribuent à l'organisation et à la productivité des circuits de distribution des produits agricoles et alimentaires, à l'animation de la concurrence dans ces secteurs économiques et à la sécurité alimentaire des populations", comme le définit le code du commerce.

Aujourd'hui, le marché reste reclus dans une zone industrielle du nord de la ville, très éloigné, dans l'imaginaire collectif, des citadins et métropolitains et notamment des restaurateurs. Pour rapprocher le Min de la ville, plusieurs solutions sont évoquées par les autorités qui souhaitent intégrer le marché de gros dans la Smart City actuellement en réflexion.

"Il y a de multiples projet liés au commerce sur internet dont le défi est de permettre le contact entre grossistes, détaillants et désormais restaurateurs" explique Jean-Jacques Bolzan qui souhaite s'inspirer des autres Min français pour résoudre le problème du "dernier kilomètre" qui sépare le Min et les commerçants. "Nous pensons assurer la distribution des marchandises grâce à plusieurs engins électriques comme cela se fait à Rungis. Chronopost est déjà intéressé pour développer ce projet" . 

Pour quelques vidéos récentes

https://www.youtube.com/watch?v=KKed1f_GCeE 

https://www.youtube.com/watch?v=F_ZWD7nhXZs